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Formation : l’avenir peut être dans le pré

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À La Roche-sur-Yon, une formation spéciale viande bovine voit le jour en octobre, proposée par AGRILIA Formation. Une première en France. Dans un contexte d’élevage difficile, le co-animateur veut redorer le métier. Et préparer au mieux les jeunes. Entretien avec Jean-Martial Bouet, Jacques-Martial, ingénieur et co-animateur de la filière bovine à la Chambre d’agriculture de la Vendée.

En quoi consiste cette formation nouvellement créée ?

Il s’agit d’une spécialité d’initiative locale en viande bovine. Une formation très pratique, très ciblée. On y apprend à la fois les gestes ancestraux, mais aussi de nouvelles compétences essentielles, telles que la gestion de l’exploitation ou encore les réglementations sanitaires et environnementales. Nos quatorze jeunes vont mettre la main à la pâte dans la ferme expérimentale des Établières. Piqûres, gestion de la santé du cheptel… Des tâches quotidiennes pour l’éleveur. En tout, ils passeront quatorze semaines en entreprise et dix en formation. Dont deux en ferme bio dans le Maine-et-Loire.

Vous parlez d’une première en France. Comment sont formés jusqu’ici les éleveurs bovins ?

Certains travaillent déjà dans les fermes mais souhaitent s’installer. Déjà bien matures et expérimentés, ils peuvent suivre une formation condensée en huit journées. D’autres optent pour les formations initiales en alternance. Que faire des jeunes sortis d’école qui cherchent, avant de se lancer, un savoir pratique supplémentaire ? Il manquait une corde à notre arc. Ici, on n’est pas du tout dans la notation. Les professionnels, à savoir vétérinaires, conseillers en croissances, etc., valident des savoirs.

Très dominant en Vendée, l’élevage bovin est-il en train de s’essouffler ?

Avec un cheptel de 145 000 vaches allaitantes en Vendée, on garde le premier troupeau des Pays de la Loire. Nous sommes un gros bassin de production en France. La question tourne plutôt autour de la transmission. Et là, en production bovine, il y a un gros besoin. Plus de 62 % des vaches allaitantes appartiennent à des éleveurs de plus de 50 ans. Alors, d’ici quelques années, qui reprendra tous ces cheptels ? Le renouvellement des actifs nous préoccupe. Plus on forme de jeunes performants, mieux ce sera.

Est-ce un moyen de former des éleveurs plus compétitifs face aux autres régions et à la concurrence étrangère ?
Beaucoup d’ingénieurs, très armés, prennent en main des élevages. Nous souhaitons être aussi compétitifs par le biais d’une spécialité bovine. Dix de nos élèves ont déjà un BTS en poche. Avec cette formation d’un an, ils seront au top. On leur enseigne la capacité à intégrer l’évolution de la réglementation. À ne pas rester bloqué sur les réglementations actuelles. Regardez aujourd’hui : ils doivent savoir gérer un troupeau par internet. Idem pour les parcelles. Et demain ?

L’inquiétude sur la fuite des éleveurs bovins vers la production céréalière est grande. Est-ce, ici, la volonté d’y remédier ?

Clairement, cela nous inquiète. Nous avons peur de ne pas avoir suffisamment de successeurs d’élevage bovin. Enfin, la Vendée maintient une ambiance favorable, elle motive les jeunes. Ceux que nous avons formés ont une passion incroyable du métier. Conscients des difficultés, ils rêvent tous d’être à la tête d’une production. Des vrais mordus de viande bovine !

Interview conduite par Mathilde Leclerc pour Ouest France paru le 22/09/2013, édition La Roche-sur-Yon - 

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