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C'est quoi : la permaculture et les microfermes ?

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Micro-maraîchage, maraîchage bio intensif, microferme, permaculture… toutes sortes de termes pour désigner des méthodes d’agriculture bien spécifiques et très en vogue avec le développement de l’agriculture durable. Mais au fait qu’est-ce que c’est qu’une microferme ? Et la permaculture dans tout ça ?

C'est quoi ?

D’un point de vue technique, une microferme se définit comme ayant une surface de production inférieure ou égale à 1 ha. Le principe étant de produire un maximum de légumes avec un minimum de surface. Le micro-maraîchage correspond à toutes les techniques pratiques mises en œuvre pour atteindre cet objectif. Pour intensifier la production, il est nécessaire de passer par une grande diversification des légumes, qui permet de mélanger plusieurs productions sur la même planche de cultures (association de cultures). Les rotations peuvent aussi être accélérées, en plantant des cultures jeunes et encore peu développées sur des planches en fin de production de la culture précédente. Cette optimisation demande une très grande maîtrise technique et des connaissances approfondies pour chaque type de légume produit.

Et la permaculture dans tout ça ? Pour optimiser au maximum la production, les fermes en micro-maraîchage optent bien souvent pour des solutions inspirées de la permaculture : non travail du sol, paillage, association de cultures… La permaculture se base sur l’observation et l’imitation de la nature, partant du principe qu’on ne fait pas plus efficace qu’un écosystème naturel en termes de production végétale. Le challenge consiste ensuite à transformer cet écosystème pour y introduire des plantes alimentaires (fruits, légumes, aromatiques…) tout en préservant son fonctionnement naturel au maximum.

Comment ce thème est abordé en formation ?

Les projets d’installation en maraîchage en microferme sont de plus en plus nombreux. La complexité du système de production est très importante avec beaucoup de diversité de légumes produits et de rotations qui doivent être optimisées au maximum pour obtenir un rendement satisfaisant et par la suite un bilan économique qui permet une viabilité de la ferme sur le long terme. Cette approche technique fait partie intégrante de la formation en BPREA maraîchage du centre de formation EFEA Nantes. Les grands principes de la permaculture sont aussi évoqués. Ils ne représentent pas un apport théorie distinct mais se retrouvent dans les apports sur les écosystèmes, la vie du sol et l’importance d’une bonne biodiversité naturelle dans sa ferme.

La formation d’agriculture urbaine bénéficie quant à elle d’une intervention de Kévin MOREL, chargé de recherche INRA et spécialiste de la viabilité économique des microfermes en France. Sa thèse constitue une référence dans ce domaine, elle est accessible en ligne gratuitement : https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01557495.

Dans le cadre de ces formations, des visites de fermes en micro-maraîchage peuvent être organisées selon les années. Elles permettent aux stagiaires de rencontrer des professionnels et de se rendre compte des difficultés concrètes à anticiper une fois sur le terrain.

Qu’en disent les stagiaires en formation ?

Témoignage d’un.e stagiaire qui a un projet d’installation en microferme

"Quand j’ai commencé le BPREA je craignais que cela m’éloigne de mon projet de micro-maraîchage qui ne correspond pas au modèle classique. Après déjà 8 mois en formation, j’ai pas du tout le ressenti que le BPREA m’a éloigné de mon projet de micro maraîchage !

Il y a des visites de fermes en micro-maraîchage dans le cadre de la formation, ça aide à découvrir un peu les pratiques, mais ce qui m’a surtout aidé c’est le stage en entreprise, sur la ferme en micro maraîchage de Jean-Michel LE GUEN à Orvault. Le stage ça permet de voir vraiment comment c’est géré au quotidien, les outils, les pratiques… On y est toute l’année, avec le maraîcher, à faire les opérations de semis, récolte, entretiens de culture avec lui et c’est là qu’on découvre vraiment les outils, comment on s’en sert, les aspects techniques, humains…

Les connaissances que j’acquière pendant le BPREA ça vient en appui sur ce que je vois en stage et sur ce que je découvre dans mes lectures. La formation donne une base que je complète avec ce qui me donne envie pour mon futur projet ensuite. D’ailleurs tout ce qu’on apprend sur les rotations, les engrais verts, les planches permanentes… sont en fait des principes courant chez les autres maraichers, même pas intensifs, et qu’on pratique juste davantage en bio intensif.

Le seul truc qui manque dans la formation c’est peut-être de parler de motoculteurs qui sont utilisés en bio intensif par exemple, et expliquer ces outils qui sont de plus en plus utilisés, avec des herses rotatives qu’il est possible de mettre sur un motoculteur par exemple, c’est possible ! J’aurais bien aimé qu’on aborde cette thématique là en plus. Mon maitre de stage n’ayant pas de motoculteur je ne l’ai pas vu non plus sur mon lieu de stage."

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui souhaite s’installer en micro maraichage et qui veut faire le BPREA ?

"Je dirais de profiter à fond des périodes de stage en choisissant une entreprise qui met en place les pratiques qu’il/elle a envie de faire après. Si je n’avais pas fait mon stage sur une micro ferme bio intensive peut être que la formation m’aurait moins convenu, alors que là ça a au contraire fini de me convaincre de m’installer en micro ferme !

En bio intensif, on n’utilise pas de grosse motorisation, en BPREA on nous forme plus à ça. En petites surfaces on n’est plus sur de la petite motorisation ou à la main. Mais en TP pratique on voit toutes les façons de faire et on a aussi préparé une planche à la main ! C’est bien pour ceux qui n’ont jamais fait pour se rendre compte et mieux savoir ce qu’on a envie de faire ou pas ensuite pour notre propre ferme.

En fait, toutes les pratiques qui sont utilisées en bio intensif elles ont été abordées dans la formation, après c’est à chacun.e de faire le tri dans les informations pour choisir ce qui correspond vraiment à ce qu’il/elle veut faire."

Pour en savoir plus, contactez Leïla VAN THEEMST, formatrice maraîchage EFEA | leila.vantheemst@remove-this.pl.chambagri.fr

Références